Cayas Syrah du Rhône supérieur

par Alexandre Truffer, VINUM 2/2017 Actualité
Cave Jean-René Germanier, Valais
Alexandre Truffer, VINUM

Lorsqu’il raconte la saga de la plus connue de ses marques, Jean-René Germanier aime à rappeler l’histoire de cette Syrah née sur les rives supérieures du Rhône n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. «1994 a été la pire année viticole de toute ma carrière d’œnologue. Septembre a vu les pluies tropicales se multiplier. Le raisin se transformait en vinaigre dans les vignes». Le premier millésime - né de vignes plantées quatre ans plus tôt par le domaine - n’a jamais été mis en bouteille, car la qualité n’était pas suffisante. L’année suivante, la météo se révéla plus clémente, et le domaine put bichonner ce vin qui deviendra très vite emblématique du Valais. Négociant important du Vieux Pays, la Cave Jean-René Germanier, codirigée par Gilles Besse le directeur de Swiss Wine Promotion, encave en moyenne 120 tonnes de Syrah provenant de vignes travaillées par le domaine ou achetées auprès de producteurs sélectionnés. Un quart de ce volume est sélectionné pour les barriques de Cayas. Depuis 2012, le séjour en fût de chêne est passé de douze à vingt-quatre mois afin d’affiner encore l’élevage de ce vin qui, à la différence de beaucoup d’icônes helvétiques, a su grandir en volume (30000 bouteilles en 2016 contre 8000 en 1996) autant qu’en valeur (son prix est passé de 28 francs à sa sortie sur le marché à 42 francs aujourd’hui). Les vingt millésimes présentés par le domaine en décembre 2016 à un parterre de journalistes se divisent en millésimes fruités, lors des années chaudes, et épicés, lorsque le soleil a été plus contrarié. Ces différences météorologiques affectent les dates de vendange qui affichent comme extrêmes le 26 septembre (2003) et le 7 novembre (2016). En dépit de ces variations, une certaine élégance, un brin de fraîcheur, sert de signature à cette spécialité confiée depuis plusieurs années à Delphine et Richard Riand, le talentueux couple d’œnologues du domaine Jean-René Germanier.
 

Alexandre Truffer a sélectionné quatre millésimes de Cayas
 

Cayas 2011
2017 à 2030
Au premier nez, on détecte des arômes de mûre, de cerise noire, de poivre, de clou de girofle. Au fur et à mesure de la dégustation, le bouquet évolue pour rappeler de plus en plus le pain d’épices. L’attaque, souple et fruitée, ainsi que la finale, aussi persistante que complexe, encadrent une bouche généreuse mais élégante qui se caractérise par sa profondeur et sa cohérence. Un vin harmonieux et élégant assez représentatif des Syrah alpines.

Cayas 2005
2017 à 2027
Les conditions climatiques idéales de ce grand millésime ont donné vie à une Syrah dense, séduisante et profonde, Des notes minérales en finale ainsi qu’une fraicheur
étonnante pour un rouge d’une décennie confèrent un équilibre magistral à ce vin de couleur violine doté d’un nez moyennement expressif qui marie herbes aromatiques, le romarin essentiellement, fruits noirs et épices douces. Un très beau vin qui restera plusieurs années à son apogée.

Cayas 2001
2017 à 2020
La robe d’un grenat clair présente quelques reflets tuilés. Le nez expressif se concentre sur des arômes épicés. On retrouve entre autres le clou de girofle, la cardamome, une touche de muscade et, en arrière-plan, des notes de baies des bois. La bouche structu rée s’appuie sur une belle acidité qui confère de la longueur à ce rouge solaire mais élégant qui se termine par une finale complexe, mariage réussi de fruits noirs et d’épices douces.

Cayas 1999
2017 à 2022
Ce millésime d’un autre siècle est le coup de cœur de la dégustation, Il impressionne par son magnifique fruité, Mûres, cerises. cassis et pruneaux s’associent
à des notes délicates d’épices douces pour créer une aromatique complexe que l’on retrouve au nez, en milieu de bouche et en finale. A la fois soyeuse, rectiligne, profonde et équilibrée cette Syrah aune persistance remarquable confirme le potentiel de garde des grandes Syrah du Valais.